Le jour où j’ai arrêté le surf.

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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar zitoune » Jeu Aoû 20, 2026 08:01

Pipeau a du reprendre le taf car on n'a plus de nouveau chapitre :sos:
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar Gart » Jeu Aoû 20, 2026 12:16

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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar kyu » Jeu Aoû 20, 2026 12:39

:lol:
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar Pipeau » Jeu Aoû 20, 2026 13:03

En attendant…
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar zitoune » Jeu Aoû 20, 2026 20:40

C'est clair que ça ferait un bon bouquin !

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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar soroli » Jeu Aoû 20, 2026 21:00

Et une belle couverture
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar Pipeau » Jeu Aoû 20, 2026 23:04

Chapitre 17

Elle.

Je suis né l’année où, parait il, le premier homme marcha sur la lune. Moi mes films préférés
de Kubrick sont Docteur Folamoure et Full Metal Jacket. Je déconne. Mais par contre je suis bien né l’année de Woostock.

Avant de traîner avec des tous pleins de haineux mais en fait remplis de tout plein d’amour mal canalisé, j’ai eu des potes d’enfance. Ceux avec qui on va faire les premières conneries dans le terrain vague derrière la résidence. Je ne suis pas certain qu’il existe encore beaucoup de terrains vagues. C’est dommage, c’est l’école de la vie les terrains vagues. Avec mes potes c’est la première boom puis les premières soirées, où nous n’étions jamais invités.
La première cigarette, le premier achat de shit, la boule au ventre. La première bière puis la première cuite, le premier vol dans un magasin, les premières mobylettes pas forcément achetées. Le premier concert : Téléphone 1986. Premières dragues complètement foireuses. Les premières vacances complètement fauchés. Pas mal de premières en fait.

Nous étions six.

Un plus mature que les autres. Le seul qui avait compris qu’en faisant des études la vie serait potentiellement plus facile. Arrivé en France et dans notre résidence à l’âge de 6 ans de Singapour, j’ai eu le privilège de lui apprendre le français. Cours certifiés dyslexie 100%. Ses parents, toujours partis aux quatre coins du monde pour le boulot, le laissèrent dès le début de l’adolescence en totale contrôle de sa vie. Et le mec a réussi. Même si son appartement était le lieu de vie quasi permanent des 5 autres. Une seule règle : dégager lors des révisions. Aujourd’hui il a un poste à responsabilités comme on dit dans une des plus grosses boites de France.

Un autre était issu de la DDASS et refusait de se faire adopter comme son petit frère. Je n’ai jamais entendu ce mec se plaindre. Il paraissait traverser sa vie à bord d’un radeau mal construit et se faisait ballotter comme une bouteille à la mer mais sans jamais vraiment s’échouer. Sourire omniprésent aux lèvres, il s’était construit une carapace indestructible. Du moins aux regards des autres. Je ne sais pas ce qu’il est devenu. J’espère qu’il a touché terre quelque part.

Le troisième fini lui plus tardivement à la DDASS. Touché petit par une méningite assez cognée, il lui arrivait, fréquemment, de perdre son self contrôle en cas d’énervement. Seuls nous cinq pouvions alors l’approcher et éventuellement l’empêcher de démonter au sens propre du terme son malheureux adversaire. Broyé par la vie dès l’âge de quinze ans, c’est sa mère, maltraitante, qui demanda son placement, par peur de son propre enfant. Malgré ses tentatives, il échoua plus tard à s’intégrer dans notre société. A chacun notre tour nous essayâmes de l’aider. Après un passage devant le juge, il disparut pour revenir bien plus tard. A peine l’ombre de l’adolescent que nous avions connu. Pour ma part si il avait payer sa dette à la société je ne lui pardonnais pas son acte. Je ne l’ai jamais revu.

Et puis y’a mon pote. Mon voisin de palier depuis mes cinq ans. Celui qui me connaît le mieux au monde. Celui qui aurait pu être un frère.
J’y aurais gagné niveau mère. Celui qui connaît mes secrets d’enfant, d’adolescent et de tout jeune adulte. Première personne que je voyais le matin pour aller à l’école puis au collège. Dernière personne que je voyais avant de rentrer chez moi le soir. Nous avions un énorme point commun : seul demain nous intéressait. On ne voyait pas plus loin que ça. Aucun projet. Notre vision s’arrêtait à la prochaine connerie à faire et sans même vraiment de plan.

Lorsque la sixième nous rejoignit dans cette petite bande de pieds nickelés, il fut celui qui l’a séduite. Cette beauté écorchée vive, elle aussi, a tout de suite pigé notre façon de parler, de bouger, de nous engueuler. Jamais nous n’aurions eu l’idée de la traiter comme une princesse. Elle était comme nous. Mais elle était aussi belle, drôle et lumineuse. Autour de nous personne ne comprenait ce qu’elle pouvait nous trouver, pourquoi elle nous avait choisi. Avec mon pote, ils constituaient le couple de référence, celui qu’on voulait tous un jour connaître. Ils s’aimaient. Et puis un jour, ils ne s’aimèrent plus.

Trop compliqué à gérer au sein de la bande nous choisîmes de rester entre mecs. Elle nous en voulue, nous traita comme il se devait de tous les noms au milieu de cris et de pleurs. Elle avait tellement raison. Un mois après elle mourait avec son nouveau mec, passagère d’une moto trop puissante. Vous avez déjà été écrasé,broyé, pulvérisé par un sentiment de culpabilité ? Ça fait mal, très mal.
Deux ans après mon pote de toujours me demande ce que je pense de sa nouvelle copine. Je lui sors alors tout ce que je n’aime pas en elle. La liste est longue. Parce qu’elle est pas l’autre. Celle qu’on aimait tous. Celle qu’on a abandonné. Il m’annonce qu’ils attendent un enfant, qu’il va se marier. J’irais à son mariage. Puis plus rien. On arrête là notre amitié.

Voilà maintenant deux ans que nous nous revoyons. 36 ans après. Je l’ai appelé un jour en lui disant qu’il me manquait. Maintenant je l’appelle fréquemment et on se voit dés que je descends dans la cité phocéenne. Plusieurs fois par an. Il est célibataire. On arrive à rigoler de tout et de rien. On évoque le bon temps. Le temps de l’innocence. On est d’accord, c’était les plus belles années de notre vie. Rien n’avait d’importance.

Et puis on a enfin parlé d’elle. On parle d’elle. On reparlera d’elle.


Chapitre 18.

Putain mais c’est quoi mon problème ?

Rencontrer Kim Kamikaze fut l’une des plus belles choses qui me soit arrivée dans le monde du surf. Réputé dans le monde de surf pour ses shapes et planches uniques en banbou le mec respire l’humilité. Bien loin d’autres de cette même profession avec pourtant si peu de talent. Chez lui au moins le mot talent n’est pas usurpé. Constamment en recherche de nouvelles possibilités, de nouvelles idées, kim est parfois taxé de shaper underground. Pour moi il endosse à merveille ce terme qui est ici le plus beau des compliments. Sortir de la norme pour atteindre le meilleur.

A l’époque c’est une simple réparation qui me fait pousser la porte de son atelier. Situé à Bègles au fond d’une cour, le local se compose de deux pièces. Une salle de shape et une de glass. C’est par cette dernière que l’on rentre. Radio Nova, le grand mix, en fond musical, on y découvre au mur des pages de vieux magazines de kit ou de surf. Des plus rigolotes et sexy par ici par là pour celui qui sait fouiller. Des masques de protection respiratoire, des pots de résine, rangés selon une méthode connue du seul maître des lieux sont réparties un peu partout. Généralement une planche finie, en cours de séchage ou en attente de glass prône au milieu de la petite pièce.

L’autre pièce est la salle de shape. Quelques projets en cours attendent les premiers coups de rabot ou les centaines de passages d’une ponceuse. Des gabarits sont rangés le long des murs. Une chaise trône au fond de cette salle sans fenêtre. L’éclairage d’une salle de shape est d’une importance vitale. Outre le ressenti au toucher, l’œil du shaper ne doit se heurter à aucune ombre pour réaliser la courbe, le volume, voulus.

Kim a cette particularité d’être à la fois un mec droit, discret, communicatif mais taiseux. Vous le faites chier il vous le dira le plus directement et gentiment possible à la fois. Il a aussi cette faculté d’écoute. Celle du professionnel, il comprend la planche dont vous rêvez. Et humaine, capable d’écouter l’autre. Il est drôle façon poker face. Il est entouré d’une multitude de personnes qui l’apprécie. Sa bande à lui. Ils ont pour habitude de se retrouver au local le vendredi afin de fêter la fin de semaine et le début du Week-end. Ça parle surf mais pas essentiellement. Il y’a Olivier, Chacal le glasseur, son frère et les autres.

Et pendant un temps il y’a moi. D’un besoin d’une réparation, d’une conversation à une autre je me retrouve dès que possible à l’atelier à bombarder de questions Kim qui patiemment m’explique, me montre. Puis commence à me donner des travaux de réparation les plus simples du monde sur des bouts de surf promis à la poubelle. En parallèle j’exprime de plus en plus l’idée de sortir de ma routine d’interview de shaper pour un nouveau format : une video. Un mini documentaire. Au début retissant, avec sa vraie modestie, il ne voit pas très bien qui cela peut intéresser, ce qu’il peut apporter puis se laisse convaincre.

Je le filme. Je passe un nombre d’heures incalculables au montage, toujours insatisfait du rendu. Son inaudible, mauvaises transitions… la vidéo est finalement postée sur le forum. Je suis content de faire découvrir Kim à certains. Et de rendre à moindre mesure ce qu’il m’apporte. Lui et son savoir. Lui tout simplement et nos après midi de discussions. Et ce qu’il ne sait pas, ce lieux magique qui est pour moi un havre de paix par rapport aux urgences où je suis doucement en train d’exploser après de si nombreuses années.

Je commence à comprendre quelques trucs niveau ponçage et résine à tel point que je décide de shaper et glasser ma propre planche. Partir d’un pain brut et aller jusqu’à la pose du boîtier de dérive.

Quand tu fais ça chez un shaper comme Kim tu te dis, cool il va m’aider. Oui il m’a aidé. À être rigoureux à l’extrême, intransigeant quant au résultat. Ne laissant passer aucune imperfection. Il était catégorique : une planche sortant de son atelier se devait d’être parfaite. En vérité la mienne est loin de l’être. Fragile. Peut être trop généreuse dans ses courbes et décorée de façon aléatoire dans un nuage de fumée. Elle est ce qu’elle devait être, une première planche shapée par un total amateur. Aujourd’hui elle est la seule rescapée de la vente de mon quiver.

Le jour où j’ai arrêté le surf, j’ai arrêté de voir Kim. De voir Olivier, Fred et Thibault. Sans leur donner aucune explication. Autour de moi des gens avisés et instruits dans le domaine pensent que je suis peut être TDAH. Je pense que je suis plutôt un connard. Qui est capable d’attendre 36 ans pour passer un coup de fil alors que l’envie me bouffait littéralement depuis des dizaines d’années. De lâcher des mecs qui m’ont apporté tant de choses du jour au lendemain sans raison ni explication pour eux comme pour moi.

En revanche le jour où j’ai arrêté le surf j’avais une putain de bonne raison.
Modifié en dernier par Pipeau le Ven Aoû 21, 2026 06:54, modifié 8 fois.
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar Pipeau » Ven Aoû 21, 2026 05:33

Chapitre 19

Une dernière dune.

Au bout de la plus belle route du monde se trouve un parking. Juste avant l’océan. Ce matin là il est quasiment désert et relativement silencieux. Loin de la cohue estivale faite de bruits de claquettes, de clim de voiture en souffrance et de parents rappelant leurs gamins à l’ordre. On peut, si l’on y porte suffisamment attention, entendre le bruit de l’océan. Continue et sourd, ce son annonce des vagues.

Combinaison enfilée et planche sous le bras vient la lente ascension de l’unique dune du grand crohot qui délimite la terre de l’océan. Les caillebotis ne sont plus là et doivent dormir quelque part dans un hangar en attendant d’être réinstallés aux plus beaux jours.

Depuis qu’elle m’a été racontée, dès que je monte une colline de sable, je pense toujours à l’histoire de la dune de la légion étrangère. L’exercice, employé comme punition consistait à monter et redescendre, inlassablement une même dune. Cette armée si particulière, dont j’ai eu le privilège de rencontrer et de travailler avec quelques personnes de ses rangs, aime les traditions. Il doit encore exister quelque part une dune de la légion avec de temps en temps un malheureux dessus.

Pour ma part c’est par choix que je me retrouve en haut de la dune. S’offre alors à moi des lignes propres et précises. Tout paraît toujours si simple d’en haut d’une dune. On y distingue les pics surfables ou pas. Les vagues y paraissent tellement simples à lire. Mon choix se fait pour l’extrémité sud de la plage. Par habitude et elle semble plus prometteuse. Je descends la dune. Et comme décidé je m’oriente au sud. Je ne croise personne. De toute façon il n’y a pas âme qui vive ou peut être quelques solitaires au loin mais invisibles.
Plus j’approche du bord moins cela me paraît simple. La barre est rapprochée du bord. Ce n’est pas shorebreak. Les vagues cassent à une vingtaine de mètres et ne déroulent pas vraiment. Ne laissant que quelques secondes de possibilités de glisse à un bon surfer, que je ne suis pas. Je commence à douter sérieusement. Ça casse violemment et je pense ne pas avoir le niveau pour m’y frotter. Au bord le bruit n’est plus sourd mais sec. Et puis soudain une alcamie, pour moi le début d’une fin.


Chapitre 19

Un moment de calme absolu.

Je me lance. La barre n’est même plus là. L’océan s’offre un moment de répit. Je franchis la zone sans effort, aidé par un faible courant de baïne invisible du bord. Le piège se referme alors sur moi. Les séries reprennent avec, j’ai l’impression, plus de puissance et de force. Placé derrière la barre qui s’est reconstituée, j’ai l’impression que les vagues ont pris également de la hauteur. Je suis très loin d’être serein et me demande comment je vais pouvoir regagner le bord. Vous me direz que je suis assis sur la solution : en surf. Sur l’instant ça me paraît pas si évident que ça. La houle continue inlassablement de grossir. Du moins j’en ai l’impression. Il faut que je me sorte de là et attendre ne sers à rien. Bien au contraire. Il faut que je me tire et vite. Je suis bien loin d’une envie de surf ou de glisse. Je veux m’échapper.

Sur une vague qui me paraît plus accessible que d’autres je me lance. Ma tentative d’évasion échoue à peine tentée. Du take off je passe à englouti par la vague en une fraction de seconde. Une fois bien malmené je retrouve la surface pour y ramasser une vague en pleine tête. Puis une autre et encore une autre. Je suis dans la zone d’impact, pas trop loin du bord mais à cet endroit précis où le ressac, violent, m’empêche d’avancer vers le bord. Je suis pris en tenaille entre un très fort courant qui m’interdit le bord et un mur d’eau qui vient se briser sur moi à chaque fois que je refais surface. Les impacts sont si violents que l’eau autour de moi est faite de mousse qui limite l’efficacité de ma nage. Le leash, sans doute mal attaché ou au velcro trop usé décide de me quitter. Mes inspirations deviennent de plus en plus courtes, chaotiques et aléatoires. Et enfin inefficaces.

Impossible de vous dire combien de temps j’ai essayé. Une minute, deux , plus. Aucune idée. Et puis j’ai lâché. Même pas par épuisement mais parce que je n’y croyais plus. Je n’ai pas vu ma vie défiler, pas eu le temps. J’ai simplement pensé à mes deux enfants qui je n’en doutais pas deviendraient des êtres formidables. Ils l’étaient déjà. À ma femme, la meilleure chose qui m’était arrivé, qui continuerait à les aider à se construire. J’étais calme et serein. Apaisé. Et puis en pleine conscience de ce que je faisais je me suis laissé aller.

Je me suis retrouvé à quatre pattes sur le sable en train de vomir, tousser de l’eau. Aucun souvenir de se qui s’était passé. Rien. Le trou noir. Tremblant, j’ai découvert mon surf à une trentaine de mètres en train de se faire chahuter sur le bord. Sans trop comprendre ce que je faisais je suis allé le récupérer. Comme un automate j’ai gravi la dune, me suis changé et j’ai roulé jusqu’à chez moi. Pas un mot à quiconque. Je ne réalisais pas encore que j’avais failli y passer. Mourir. Idem chez moi. Silence.

Ce fut le dernier jour où je surfai.
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar Pipeau » Ven Aoû 21, 2026 05:54

Épilogue

Depuis j’ai tenté plusieurs fois de me remettre à l’eau. Pas facile quand on souffre d’un syndrome post traumatique. Nausées et vomissements après quelques apnées en surf ou pas. Mer calme ou très faiblement agitée.

J’ai donc travaillé mon potentiel futur cancer de la peau comme des millions de gens en allant à l’océan ne rien y faire. Simplement le contempler et peut être le respecter encore plus.

De toute cette histoire j’y retiens les rencontres. De celles qui ont jalonner ma vie. Avec à chaque fois cette interrogation. Mais qu’est-ce qu’ils me trouvent ces gens alors que je ne respire pas l’empathie ou la sympathie. Pourquoi me laissent ils rentrer dans leur cercle de confiance et parfois d’amitié. Et je prends toutes ces rencontres comme un honneur, des cadeaux de la vie.

Aujourd’hui je suis plus calme et même heureux. Comme promis mes enfants sont formidables et leurs choix de vie en accord avec ce qu’ils sont.

J’arrive maintenant à me baigner au grand crohot sans trop de difficulté quand la mer n’est pas trop agitée mais jamais trop loin du bord.

Des voyages en solitaire, des quasi retraites à différents endroits du monde, m’ont persuadé qu’un travail de mémoire me devenait essentiel à cet étape de ma vie. Besoin de faire le point, me réconcilier avec mon passé pour envisager l’avenir. Comprendre comment et pourquoi j’étais devenu qui j’étais. Besoin aussi de saluer les disparus pour ne jamais les oublier. Besoin aussi d’éclairer des zones d’ombres que j’avais enfoui volontairement ou non.

Je me suis livré comme jamais à des inconnus pour la plupart. Mais à quoi peuvent bien servir les souvenirs si ils ne sont pas partagés.
Modifié en dernier par Pipeau le Ven Aoû 21, 2026 08:05, modifié 4 fois.
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar Pipeau » Ven Aoû 21, 2026 06:06

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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar kyu » Ven Aoû 21, 2026 07:29

Ptin Pipeau , ça claque de bon matin !
Curieusement , en te lisant , je suis surpris sans l etre parce que d une part , tu m avais raconté quelques passages de ta vie , et je suis content aussi d en avoir fait un peu partie et d autre part ton récit correspond tellement à l image que j ai de toi. Et si tu te demandes pourquoi les gens te font rentrer dans ta vie , et bien tu viens de répondre brillamment tout seul à cette question ... T es un gros ours bourru sans aucun doute , mais ta finesse d esprit , ton humour , tes mille vies et surtout la certitude de toujours savoir a quoi s en tenir avec toi parce qu on sait que t hésiteras pas a dire va chier , ben c est ça qui est bon chez toi ( avec sûrement plein d autres choses ). Pipeau, on t aime.
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar soroli » Ven Aoû 21, 2026 08:33

C'est court, mais c'est beau... mais c'est court ! :amour:
J'aurais voulu en lire plus, encore d'autres chapitres et à la fois, tu nous en as tellement livré en 20 chapitres.
Merci énormément pour ce partage et cette mise à nu, c'était un vrai et sincère plaisir de te lire. On a exactement le même âge et je me suis retrouvé dans presque tous ces passages de ton adolescence et début de vie d'adulte (les galères en moins, je pense).
Oui, comme toi, je pense que c'était une époque géniale pour les jeunes (les terrains vagues, les booms, les mobylettes, le contact humain direct...). Différente de l'actuelle, je ne sais pas si meilleure mais peut-être plus authentique, plus sincère.
Bref, encore une fois, MERCI pour ce beau moment de lecture. :yess:
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar zitoune » Ven Aoû 21, 2026 09:13

Très chouette histoire pipeau !
Merci de l'avoir partagé avec temps de franchise, de talent, et cette écriture qui te correspond et qui est si plaisante à lire
Ta plume a manqué au forum
Comme kyu, c'était génial a lire, car on a partagé une partie de cette vie , on a entendu parler d'une autre, et on vient de découvrir quelques chainons qu'on ne connaissait pas
Ta "noyade" (je mets les guillemets car tu as survécu même si techniquement c'était bien une noyade) a du effectivement être salement traumatisante
Plus facile de comprendre pourquoi tu as arrêté le surf et du coup le décor dont nous faisions parti est aussi sorti avec. Mais je crois qu'aucun d'entre nous ne l'a mal pris, ou t'en as voulu, on s 'est juste dit "bon ben il est passé a autre chose" [emoji23]

En tout cas welcome back !

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