Le jour où j’ai arrêté le surf.

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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar kyu » Jeu Aoû 06, 2026 18:01

Tu l appelles ta meuf sur le forum et tu lui conseilles de lire ?? T es un malade Zit :lol: merde t es un quadra maintenant ..
Sinon, merci Pipeau , quel régal !
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar zitoune » Jeu Aoû 06, 2026 18:26

Ah ah c'est justement pour savoir quand elle aura lu [emoji23]

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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar zitoune » Jeu Aoû 06, 2026 19:45

Plus j'y repense et plus en te lisant pipeau certaines pièces s'assemblent
Des anecdotes qui prennent du sens, certaines que tu as tu et que tu évoques maintenant
Beaucoup de chapitres de ta vie quI s'expliquent !

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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar yann » Ven Aoû 07, 2026 08:45

Magnifique. Vivement la suite (surtout avec le teasing du titre).
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar single » Ven Aoû 07, 2026 10:32

Vraiment super à lire, en plus comme on est de la même génération je me retrouve bien sur l'enfance et l'adolescence en bord de mer, les étés magiques et le début de la planche a voile, les conneries à l'adolescence aussi.
Moins sur l'armée que j'ai passé dans un état major à côté d'une cafetière.
Et moi le morceau de la souris que l'on pouvait gueuler, c'était "la nuit sera blanche "
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar kyu » Ven Aoû 07, 2026 11:05

C est clair , c est super bien écrit et ça nous replonge forcément dans ces souvenirs de gamins ado oû tout semblait tellement plus simple et léger..
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar Pipeau » Sam Aoû 08, 2026 05:13

Chapitre 9

Un nouveau départ.

Ce retour à Paris me permis de construire les bases d’une nouvelle vie. Mon nouveau poste constituait à assurer grosso modo une liaison radio entre l’état major et les sous-marins français, fer de lance de notre dissuasion nucléaire. Heureusement pour les sous-mariniers je n’étais pas tout seul à assurer cette tâche et j’étais, vu mon grade, plutôt assigné aux tâches les plus simples en regard d’enjeux qui me dépassaient complètement. Par équipe, nous partions nous isoler pendant 24 heures à des dizaines de mètres sous terre, coupés du reste du monde. Mais une fois cette journée passée c’était 48 heures d’entière liberté qui s’offrait à moi. Et deux jours c’est long. Je pus ainsi rejoindre une bande de vrais dingues de cinéma qui officiaient pour le magazine le plus sympa du monde : MAD MOVIES et assouvir ma passion pour les films les plus cons et débiles de science-fiction, d’horreur, de fantastique ou de gore : Les films Z. Je me suis retrouvé à faire cadreur sur un tournage d’un film complètement lunaire de Richard J. Thomson : Time démon. J’officiais parfois comme électricien pour des courts métrages fauchés d’étudiants en dernière année d’école de ciné. Et puisqu’il me restait encore du temps, je faisais un peu d’achat et de revente de livres traitant de cinéma. Je vivais avec celle qui avait décidé finalement de me supporter. La vie s’écoulait tranquillement.

Et puis un jour Chirac décida que la France méritait une armée d’élite et réduite au minimum. On allait arrêter le service militaire et prendre les nons bacheliers juste pour des contrats de 5 ans pour leur faire faire la merde dont on ne pourra pas se passer. Mais les vrais soldats du futur devraient avoir avec le bac pour prétendre à une vraie carrière militaire. Bon, ok. Et pour les mecs comme moi ? Sans le bac mais déjà bien avancé dans le bordel ? 15 ans pas plus et tu te barres. Tu sais quoi, je pense qu’on va se dire au revoir avant. Je suis calmé, j’ai compris pas mal de choses et j’ai bien envie d’aller jouer dans le monde des civils pour de vrai.

Cours du soir et CNED, me voilà à bûcher comme un forcené de prépa. Pas facile. Pourtant mes ambitions sont simples : rattraper un niveau bac, passer le concours d’entrée à l’école infirmier pour le devenir trois ans et demi plus tard.

Ma douce a dit un jour à quelqu’un en me présentant : « après les avoir cassé, il a un jour décidé de réparer les gens ». Après quelques longues mais longues mais très très longues secondes de malaise et de silence, je me suis dit qu’elle aurait mieux fait de se taire mais avait peut être compris un truc qui moi m’avait échappé. Comme je suis pas du genre à m’allonger sur un canapé en face d’un mec qui prend des notes, je dirais plutôt que c’était le boulot qui avait le plus de sens pour moi. Plus simple et moi tortueux.

Allez comprendre, sur trois concours d’entrée, deux écoles voulaient bien me prendre comme étudiant. A 27 ans j’allais enfin poser mes fesses dans un amphi.

Chapitre 10.

45 frangines.

Mon premier mois d’étudiant fut un véritable enfer. Je n’avais aucun code social adapté face à 45 nanas et 4 mecs de vingt et quelques années sortants pratiquement tous du lycée. Je ne savais pas prendre un cours et encore moins faire une fiche de synthèse. Je comprenais la moitié de ce que les profs racontaient. J’avais fait la plus grosse des conneries. Et puis sans doute par pitié, certaines me proposèrent à la fin de chaque cours leurs notes. Je pus ainsi le soir, reprendre mes cours, recopier leurs charabias et comprendre comment synthétiser le tout en une fiche. Une journée de cours finissait pour moi vers 2 heure du matin. Pas simple mais efficace. Au fil de l’année les 4 mecs lâchèrent l’affaire et je me retrouvais le seul représentant du sex dit fort. Et bien là aussi j’allais apprendre pas mal de choses. Une fois qu’elles comprirent que tout roulait dans ma vie affective et que je n’étais pas un putain de prédateur elles m’acceptèrent pleinement. Et je peux vous dire qu’elles sont fortes les nanas mais à un point inimaginable. Elles me balançaient leur quotidien fait d’interpellations venant d’inconnus dans les transports communs, dans la rue, au supermarché. Souvent lourds mais parfois menaçants, toxiques. La rue pour elles est un véritable parcours du combattant.
Sans filtre, elles racontaient leurs histoires de coeur et je me marais intérieurement quand je voyais le futur ex, le pas trop doué, le trop rapide, l’expert en câlin ou le trop timide les attendre à la sortie des cours. Ma team resserrée de révision était constitué de trois vrais reines de la vanne. Durant ces années nous nous sommes jamais lâchés et on s’est tous portés mutuellement dans les moments les plus compliqués. Ainsi une a pu se débarrasser d’une salle habitude qui commençait à lui perforer les narines et la rendre parano. Une autre à remis la maternité à plus tard entourée des trois autres unis comme jamais. À quatre on est plus fort.

Une fois mon diplôme en poche, trop fier, je suis parti faire l’infirmier en service de réanimation. Là en deux ans j’appris mon nouveau métier mais aussi sur l’être humain, la maladie, la solitude, la force de l’amour, la résistance, la peine, la douleur, l’espoir, la dignité, la pudeur, la colère, la rage, l’injustice, la richesse intérieur, la peur, la méchanceté à l’état pur, la folie, la guérison et la mort.

Niveau petite famille nous étions passés, pour notre plus grand bonheur, à trois. Un jour ma femme pour des raisons professionnelles m’a dit : on va habiter à Bordeaux ? Moi me rapprocher de la plus belle route du monde ça me disait bien. J’allais pouvoir la montrer à mon fils. Banco.
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar zitoune » Sam Aoû 08, 2026 08:18

Parfait au réveil ces deux nouveaux chapitres !

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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar zitoune » Lun Aoû 10, 2026 21:21

On veut bien la suite [emoji3]

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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar kyu » Mar Aoû 11, 2026 07:29

Il a dit qu il etait en Chine, mais j espère qu il a accès a un ordinateur depuis sa cellule :lol:
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar zitoune » Mar Aoû 11, 2026 08:29

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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar dahomey » Mer Aoû 12, 2026 12:22

:lol:
Il fait sous traiter vous croyez ?
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar kyu » Mer Aoû 12, 2026 14:00

:lol:

Quand je pense a pipeau , entre autres choses, j ai cette image qui revient :
FB_IMG_1786539774029.jpg
FB_IMG_1786539774029.jpg (32.73 Kio) Vu 181 fois

C etait l infirmier du trip au Sénégal. La il enlevait les épines d oursin de la main de tibok qui avait fait la bise aux oursins de Ouakam :lol:
Me rappelle aussi au Mexique où le matin il se faisait du café froid soluble dans une bouteille d eau pour avoir sa dose de caféine :lol:
Bon c est pas un hommage posthume non plus :lol:
Allez pipeau , envoie la suite !
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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar zitoune » Mer Aoû 12, 2026 14:07

Ou comme il a vécu 1000 vies, il s'est rendu compte qu'il avait encore des milliers de chapitres a écrire ! ?

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Re: Le jour où j’ai arrêté le surf.

Messagepar Pipeau » Jeu Aoû 13, 2026 03:43

Chapitre 11

De la merguez au surf.

Ça fait maintenant un petit moment que je vis à Bordeaux. Les étés au bassin d’Arcachon n’existe plus. Les liens familiaux se sont fracassés sur le mur du cimetière de mon grand-père et chacun passe ses étés dans son coin. Moi c’est sur la côte Basque où je me pose de façon régulière pour y prendre des branlées en bodyboard. Je bosse aux urgences du CHU et toute la journée défile devant moi le pire et le meilleur de l’homme. Mon boulot est un concentré de la vie. Mon fils a grandit et commence lui aussi sa carrière de petit agité à l’école primaire du coin. Pas vraiment méchant mais pas vraiment passionné par le tableau noir, il touche son premier skate au CP. Il ne le lâchera plus jusqu’à ses 16 ans. Ça me rassure autant que ça m’inquiète.

L’école cherche des volontaires pour la kermesse de fin d’année. Comme on se ne débarrasse pas aussi facilement de notre culture patriarcale ce sont des papas qui sont demandés pour la cuisson des merguez. Je me porte volontaire sur la demande de mon fils. Je comprends toujours pas pourquoi. On est deux, un autre papa a aussi répondu présent à l’appel de son fils . 3 heures non stop à cuire à la chaîne je sais pas combien de saucisses. La fumée dans les yeux, les deux mains cramées par les projections d’huile, des parents qui gueulent car les merguez sont pas assez ou trop cuites, froides ou brûlantes. Mais c’est cool mon fils est fier de voir son père à ce haut poste de dignitaire de la kermesse. Et puis l’autre mec est cool. Il s’appelle Fred, habite le quartier, il est ostéo et surfe. Ah ouais tu surfe. Et là je pense avoir sorti la phrase ultime. Celle qu’on a tous entendu au minimum une centaine de fois lorsqu’on dit qu’on surfe : « j’aimerais bien essuyer un jour ». On regarde le mec qui vient d’énoncer ça sans trop y croire et ça tombe bien car il n’y crois pas vraiment non plus. Et la conversation part sur un autre truc genre géopolitique ou le prix de l’essence. Sauf que là y’a deux couillons qui se parlent et ça se passe différemment.Y’en a un qui est persuadé de faire surfer l’autre qui est certain de pouvoir surfer. Échange de numéros de téléphone, ça tombe bien nos gamins qui sont dans la même classe s’apprécient un jour sur deux. L’autre, ils se foutent sur la gueule mais méchant. Rendez-vous pris et c’était parti.

Enfin parti pas vraiment, vraiment. Merde c’est quoi cette merde ? Pourquoi j’avance pas ? Et surtout pourquoi je ne surfe pas ?

Chapitre 11.

Leçons de patience et d’humilité.

Essayer le surf est une vaste fumisterie. Subir sa première mise à l’eau sur une planche est la formule se rapprochant le plus de la vérité. Déjà la rame qui se doit d’être efficace. Si t’es pas gainé du sommet du crâne au bout de l’orteil et bien tu ressembles plus à un spaghetti trop cuit et du coup tu tortilles plus du cul que t’avances. Ensuite y’a le passage de barre. Généralement quand tu t’essayes au surf c’est pas la version cure dent de planche que t’as mais plutôt la bonne vieille poutre bien large qu’on t’as refilé. Donc en toute logique ça se passe pas très bien ce fameux passage. En plus, légende urbaine ou non, on t’as raconté le coup du doigt arraché par le leach, tu évite donc de retenir ton paquebot par ta ligne de vie. Ce qu’elle est ni plus ni moins quand tu prends une bonne série sur la gueule. Donc fatalement tu as l’impression d’être le seul à reculer ce qui n’était pas vraiment le projet initial. Et c’est tant mieux car toi tu vise les mousses qui vont t’aider à bosser un semblant de take off qui ne sera de toute façon pas assez rapide le jour où tu vas prendre ta première vraie vague. Donc admettons, tu t’es levé sur des mousses, t’es heureux. Mais tu sens que tu as à peine toucher du bout du doigt un monde infini, rempli de promesses fait de glisse et d’abandon. Donc quand Fred le couillon te demande alors ? Ben tu réponds super, j’ai envie de recommencer ! Et c’est parti pour des matinées où on file dès avoir largués les gamins dans une école qu’ils apprennent à haïr un peu plus chaque jour. D’autant plus qu’ils savent où on se barre.

Une première barre franchie n’est pas gage de glisse. Ça se saurait. Donc quand on te dit que tu ne rame pas assez fort et assez vite pour choper la vague et bien c’est vrai. Mais c’est qu’une fois vraiment que tu prends ta première vague après avoir ramer avec toute l’énergie dont tu étais capable et que tu ne soupçonnais même pas l’existence que tu comprends. Et pourtant c’est putain de logique : aller à la même vitesse que l’onde de la vague pour profiter de la pente et de l’énergie qu’elle va former en se creusant. Ouais là maintenant ça parait d’une logique imparable mais à l’époque…

Ensuite le take off. Effectivement il faut aller vite et au bon moment. Un bon résumé de la vie en somme. Trop tard et t’enfourne. Ce qui te permet de faire une jolie roulade avant la planche avec toi. Trop tôt et te voila t’enfonçant au ralenti et comme une merde, contemplant la vague partir sans toi.

Le duo des deux couillons s’était agrandi à 4. Olivier et Thibault d’un forum de surf nous avaient rejoint. Visiblement Fred échangeait sur internet avec d’autres mecs au sujet du surf et se filaient rencard pour surfer. J’étais mais pas du tout dans le truc, n’ayant pas encore ressenti le besoin de parler surf en dehors du trajet aller retour vers le spot. Les mecs étaient cools, les vannes étaient drôles, peut-être être pas assez trash mais ça c’était mon domaine. Ça parlait de matos, prévises, vent, je captais rien et je m’en foutais royal. Moi je voulais surfer, passer cette putain de barre (respect à elle, rien de personnel) et enfin prendre ma
première vague. Et puis un jour ils décidèrent d’aller surfer au Gurp.

On se souvient tous de notre première fois. Pas toujours réussie, remplie de promesses elle est souvent, au final, maladroite et brouillonne. La mienne fut magique, tout en douceur et délicatesse.
Pipeau
 
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