Si vous vous retrouvez sur ce forum il y'a fort à parier que vous faites partis de ces accros au surf pour qui ce sport est devenue une véritable drogue. Outre le plaisir que l'on peut ressentir à surfer il y a sans doute une explication psychologique à votre état de dépendance à ce sport parfois bien ingrat. Sans jouer les adeptes de ce cher Freud il est assez facile de comprendre que ce sport peut couper court aux petits tracas de la vie quotidienne.
En effet, dés la mise en route d'une session vous allez devoir consulter pour la plupart des cas les prévisions, préparez le matos, vérifier les horaires de marées, organisez un rendez-vous avec les potes: vous êtes déjà dans une dynamique de surf. Vous commencez à construire votre petite bulle surf. Le voyage en voiture laisse le temps à votre esprit d'imaginer le spot le plus approprié, le souvenir des dernières sessions , le choix possible de bancs de sable. La bulle surf se renforce peu à peu au cours des kilomètres.
Sur le parking, l'enfilage de la combie finie, vous avez passé le cap de la rupture avec le monde de tous les jours. Vous voilà dans une peau neuve, faite pour la grande rencontre avec la nature tant recherchée. Le passage de dune le cas échéant n'a qu'un but : arriver au point d'observation pour la recherche du pic parfait. Vous vous projetez déjà sur la vague, en droite, en gauche , votre attention ne porte plus que sur vos futures vagues. L'étude des courants , des baà¯nes concentre toutes vos pensées au moment de la mise à l'eau.
Une fois arrivé au pic, votre esprit sera consciemment ou inconsciemment utilisé à l'observation des autres surfeurs, leur placement, leur attitude, le lieu de déferlement, la qualité de la vague, le comportement du vent et de ses variations, l'arrivée des séries et de ses copines redoutées : les séries fantômes.
Et enfin, le surf en lui même,, ces précieuses petites secondes o๠parfois se crée un équilibre entre vous et la vague. Du plaisir brut: vous êtes là à jouer avec une onde qui vient de très loin et vous voilà dessus à essayer de faire corps un bref instant avec elle. O๠sont les problèmes de trésorerie, de voiture, de machine à laver, de job à trouver, de boulot à rendre, de difficultés relationnelles avec ses proches ? Très loin , tellement loin qu'ils ne sont plus là . L'espace d'une session il n'y a plus de place pour tous ça mais simplement pour ce que l'on vit à l'instant présent : le surf.
Le retour à la vie réelle se fera avec un souvenir de plaisir, avec un sentiment de sassiété. Vous vous êtes remplis de plaisir et êtes souvent plus aptes à reprendre votre petite vie avec un peu plus de recul. Vous avez évacué pour la plupart cette dose de stress qui vous mangée peu à peu.
J'ai conscience que cela fait un peu psychologie de comptoir et les plus terre à terre me diront qu'une explication toute logique en la production d'endorphines explique cette diminution du stress et cette sensation de plaisir. Production que nous allons rechercher telle une drogue en allant surfer dés que possible. Et que son absence explique la sensation de manque que nous connaissons tous lorsqu'une session tarde à venir. Beaucoup de sport amènent à cette production d'endorphine et il n'est pas rare qu'un adepte du footing ou de boxe, par exemples, vous explique son état de manque semblable au votre.
Dans une société rapide comme la notre o๠la productivité et le rendement associés à l'importance de l'image et du paraitre ont pris une telle importance, réjouissons nous d'avoir trouver cette bulle , ce truc hors de toute cette agitation et laissons ce shoote 100% naturel nous dévorer encore et encore.