Salut Kyu,
Merci pour l'usage de la photo sans droit d'auteurs
j'va faire enfin mon mail à ma nièce, je ne trouvais plus le thread.Nan, mais sinon, y'a mauvaise interprétation dans l'expression "faire le rocher". Moi, c'est un pote de Guéthary, qui m'a emmené quelques-fois à Parlementia et qui m'a appris cette "expression". Alors je ne sais pas si c'est juste la sienne, ou bien si c'est connu -ce que je croyais-, mais je vais m'expliquer...
Faire le rocher, pour moi, ce n'est pas rester dehors, les pieds au sec; faire le rocher, pour moi, c'est justement rester à l'inside., mais sans être assez décalé, et du coup devenir soi-même un obstacle pour celui qui prend la vague.
Du style, typiquement être à 10-15 mètres derrière un gars au peak, bien dans son alignement, histoire de bien être dans ses pattes juste au moment de son take off.
Soyons clair, ça va toujours mieux en le disant, mais c'est bien une attitude non seulement pas sympa et condamnable, mais aussi dangereuse.
Ce que je disais donc, c'est qu'à ta place, j'aurais certainement pris le LB (ceci dit à la vue de la vidéo et des bouffes en prévision, j'aurais plutôt opté pour une petite planche, je m'explique plus bas) de me placer hyper à l'extérieur et hyper à l'inside, mais en ayant bien en tête 2 risques: celui de rester à l'eau une heure sans prendre une vague, et celui de faire le rocher...
Et donc je disais que, pour moi, rester à l'eau une heure sans prendre une vague, ça m'inquiète pas des masses, par contre, je serais super gêné et même je ne saurais plus où me foutre, si et surtout à Mundaka, je passais pour un rocher: wrong place, wrong time.
Parce-qu'outre mon niveau médiocre à moyen moins en surf, j'ai des petits bras pas trop musclés et suis taillé comme une bouteille de Perrier plutôt qu'en armoire normande...
Donc une bonne bouffade d'un bon set bien gras, et après, je ne sais plus trop où je me trouve: je veux dire, je ne crains pas pour moi (je pense que j'arriverais toujours à sortir), mais avec mes petits bras, sortir de la zone mousseuse et de la zone de ride, ça peut me prendre un bon petit moment à faire chier tout le monde
Et bon... sur un 80 cm à Oléron, c'est moins chiant que sur un 3 mètres à Mundaka. C'est ça que je voulais dire.
Je ne connais pas la vague de Mundaka, malgré mes petites habitudes plus ou moins régulières à Guéthary. Mon seul trip en Espagne, on connaissait même pas cette vague. De nom, plus ou moins, et encore. On a du passer devant, un jour, ou une marée ou elle marchait pas. Et le premier arrêt s'est fait à Bakio.
Du coup, pour moi, l'inside, serait là où justement tu arrêtes de filmer, et là ou les gars arrêtes de surfer, ou se font prendre par la mousse par manque de vitesse.
Maintenant, je ne connais pas la vague, et si ça se trouve, c'est une falaise et la route juste derrière.
En ce qui me concerne, si je disais tout ça, c'est parce-que c'est un truc que j'ai fait en 98 à Parlementia en plein été (si si). Y'avait 4-5 mètres au peak. C.Reinhard était au peak. Et si je sais qu'il était au peak, c'est que je lui ai taxé sa vague.
Sauf, sauf, sauf... que j'étais à l'inside de Parlementia. Et plus ou moins les gars du peak ne surfais pas cette section: donc il serait sorti avec ou sans moi, plus que probablement.
Il me restait une épaule de 3 mètres, sur laquelle j'ai fait quelque-chose comme 2 secondes et 3 dixièmes à une époque où mon niveau de surf se résumait à un ratio de take-off réussi/take off failed.
Et pour l'instant, c'est la vague de ma vie: un travers, énorme émotion, et je suis remonté direct sur l'épaule et au delà.
Faut dire que j'apprenais sur une 6'4" Crivella un peu affûtée... En même temps à l'époque, je faisais 20 kilos de moins...
J'ai bien bouffé ce jour là. Et j'en ai chié comme pas possible. Je ne maîtrisais absolument pas le canard pour de telles mousses (encore maintenant), et à force de manger, j'étais tiré à l'intérieur. Et j'ai lutté comme pas possible pour revenir à l'extérieur gauche.
Tout ça à l'inside. Je sais pas si tu connais Parlementia, mais y'a un rocher, seul, "au milieu". Ben j'étais bien à sa droite (regard vers le peak), et j'en ai bien chié pour revenir à l'extérieur gauche. J'aurais été moins con, j'aurais pris une mousse et j'aurais fait un grand tour pour rejoindre le chenal, mais bon...
Bref, là ça portait pas à conséquence, puisque j'étais plus du tout dans la zone de ride, mais bon, ça m'a appris qu'avec mes petits bras, je me trouve pas toujours à l'endroit que je souhaite.
Et pour en revenir à Mundaka, ce que je souhaite à tout prix, c'est d'éviter de faire chier.
A Bidart Centre, un type m'a coulé moi et ma planche, pendant qu'il surfait, oui, oui, debout sur sa planche, en surfant, il m'a appuyé sur la tête et là j'aurais pu faire un super canard école

(c'était la chine, période estivale, cette fois encore)
Avant il m'avait fait un virage avec les dérives à 10 cm du visage... Un vieux à pris ma défense en disant que ça ne se faisait pas, mais qu'il fallait que je le comprenne parce-qu'il s'entraînait...
Faire le rocher, c'est une de mes hantises. Pas parce-que j'aurais peur de me prendre une branlée. Quoique. Mais pour le respect à l'eau et le respect du spot. D'ailleurs, un des critères qui rentrent en ligne de compte dans ma mise à l'eau et mon placement, c'est le niveau de surf. Ce dernier est généralement en ma défaveur. Je suis moyennement à l'aise avec l'élément marin. Par contre, je suis bien à l'aise à l'eau. Reef, et grosses bouffes, ça fait même presque partie du plaisir.
Surtout avec mes 84 kilos. C'est con, mais plus je suis gros, et plus je suis à l'aise dans l'eau.
Une assez grosse session à Parlementia
à mi-plein-bas, toujours emmené par mon pote Seb pur Guétharar, et là j'avais vraiment le sentiment d'être en "haute mer", et j'étais persuadé d'avoir le décrochement du plateau continental sous moi. D'ailleurs gamin, j'avais peur des algues, et je flippais comme un malade quand je voyais des poissons de 15 cm dans les vagues d'Hendaye. Et pas la peine de te dire qu'il était hors de question que je pose le pied par terre, dans l'eau, avec toutes ces anémones...
Entre 5 et 10 ans j'ai trouvé une étoile de mer dans le port de Guéthary. Et c'est justement par un jour orageux, bien gris et venté, à marée haute, qu'il a fallu que je passe mon brevet canard qui consistait à rejoindre la digue depuis le port.
J'ai bien paniqué, de mémoire, et vu la gueule que je fais sur la photo de groupe, c'est que j'ai échoué. En même temps, je suis vraiment l'un des plus petits, voir le plus petit sur cette photo noir et blanc... Je crois que j'ai la seule tête qui arrive à la taille des autres.
Un peu plus tard ma soeur faisait la course Saint-Jean/Socoa. 1.6 km environ. Enfin, c'était plutôt Socoa/St-Jean. 13 ou 14 ans je crois qu'elle avait.
Mais si loin, là bas au peak de Parlementia, marée basse, malgré mes peurs de jadis et tout et tout, c'était zen.
Maintenant qu'on est plus bas...
Merci encore pour ta photo. Ma nièce a une tete de bique, et elle ne veut pas comprendre qu'en faisant un triangle on a plus d'appui à faire le poirier, que si on aligne la tête et les mains; non plus dans un triangle, mais sur un segment (ou une ligne droite).
Il se trouve que j'ai fait de la compèt' de natation dès mon plus jeune âge. Et quand ça remue beaucoup, je suis presque plus à l'aise sans planche qu'avec. Planche qui me traîne comme un boulet, à chaque bouffe. Ca s'est arrangé au fil des années, au fil de la proportion de mon poids vis à vis du poids et de la flottabilité de la planche.
Bref, tout ce que je voulais dire, c'est que si je me serais mis à l'eau à Mundaka, j'aurais été très humble. Très très humble. Très très très à l'extérieur et très à l'inside. Sur ce spot, d'ailleurs, il n'y a pas peut-être pas d'inside comme à Parlementia.
Et même, tout ce que tu veux comprendre Kyu, mais certainement pas que tu joues "petits bras".
Bref...
Merci pour la photo en tout cas, je file mailer ma soeur... pour ma nièce, qui devra bien un jour ou l'autre, comprendre la différence entre l'Equilibre et le Poirier.
Dsl, si quand je parle, je me fais mal comprendre.