par Renaujo » Jeu Nov 05, 2026 20:14
Salut et merci beaucoup pour l'interview, c'est super intéressant !
Pour ajouter quelques pièces dans la machine du débat, je suis d'accord qu'en tant que mec, ce n'est pas toujours simple de se faire mettre dans la même catégorie que les agresseurs. Passé cette réaction épidermique un peu normale.. ça vaut le coup de prendre un peu de recul :
- Not all men.. mais quand même la plupart du temps ce sont les mecs.. (not all cops.. mais bon..), et sans parler du fait que la société et son organisation nous est bénéfique pour des milliards de raison et qu'on est souvent bien contents d'en profiter (en tous cas, on n'a pendant longtemps rien fait pour changer tous les petits ressorts qui désavantagent les femmes..).
- si les filles se plaignent de souffrir de certains comportements, même si nous on ne comprends pas pourquoi ou qu'on ne l'a jamais vu.. On peut quand même leur accorder le bénéfice du doute je trouve, et entendre ce qu'elles essaient de nous dire. Et c'est vrai qu'en discutant pas mal avec des générations plus jeunes (j'ai 40), je me rends compte que des comportements qui n'étaient pas gênants pour mes amies de quand j'en avais 20 le sont beaucoup plus aujourd'hui. Pourquoi ? Entre autre parce que c'est très bien documenté que ça fait partie d'un lot énorme de comportements qui vont d'anodins à très problématiques, mais qui vont tous dans le même sens : réduire la liberté des nanas et donner du pouvoir au mecs. Par exemple, en soit complimenter une femme pour ses beaux cheveux, ben c'est plutôt sympa, non ? Mais pourquoi est-ce qu'on complimente une surfeuse / une stagiaire pour ses cheveux, alors qu'on va complimenter un mec / un stagiaire sur son take of / sa prise d'initiative ? En observant un peu dans le cadre professionnel (recherche écologie) et des loisirs (outdoor montagne et surf), je me suis vraiment rendu compte que ce qu'on peut lire dans des bouquins de féminisme est vraiment flagrant.. les discussions de comptoirs, bien que bien moins lourdingues que dans d'autres milieux que j'ai fréquenté plus jeune (agriculture, pompiers..) vont néanmoins hyper souvent vers cette dichotomie, ça repousse les femmes dans leurs rôles d'images passives et les mecs dans leurs rôles d'actifs avec du pouvoir.. Une fois que tu l'as en tête, ça saute aux yeux tout le temps. Je pense que la jeune génération a bien ça en tête et ne laisse plus rien passer. Ca peut paraître un peu radical, mais personnellement je me dis que c'est un tout petit mal pour nous, et peut être un bon bol d'air pour elles..
- sur les conseils non sollicités, c'est drôle parce qu'il y a exactement ce même truc dans le milieu de la grimpe.. Au début je ne comprenais pas non plus.. C'est quand même sympa de donner des conseils. Le truc c'est que nous en tant que mec on a l'impression de ne faire que donner un conseil de temps en temps. Des amies qui ont le même niveau de grimpe que moi, voir beaucoup plus fortes, reçoivent des conseils de plusieurs mecs à chaque séance d'escalade.. (perso c'est assez rare qu'on vienne m'en donner..). Pourquoi ça irait toujours dans ce même sens si ce n'est le préjugé qu'on (les mecs) aurait plus de compétences qu'elles ? J'imagine qu'en surf, ça doit être la même chose*.. Répété, ça devient lourdingue et potentiellement ça conforte les femmes dans des rôles d'éternelles débutantes (même si elles progressent à la même vitesse..).
- par contre je suis entièrement d'accord avec ce qui est dit sur le fait de replacer le sexisme dans un cadre plus large des discriminations et des violences liées aux dominations en général, et que ça doit passer par l'éducation au respect de tous et toutes !
*bon et en plus en grimpe il y a aussi le challenge de découvrir soit même la solution, et c'est vraiment rageant de se faire spoiler.. en surf un conseil ne t'empêche pas de progresser par toi même normalement..