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Salut !
Au détour d’un scroll Insta, l'algorithme m’a proposé un de tes posts qui marchait fort et qui commençait par “A l’heure où le monde du surf est touché par des accusations de violences sexistes et sexuelles” et je n’étais pas sur de bien comprendre ce que tu évoquais. Depuis que je surfe, je n’ai pas été témoin ou entendu d’histoire de ce type dans mon entourage ou lors d’une session. Je t’ai donc contacté pour en savoir plus et comprendre un peu mieux ce dont tu parlais à travers ce post. rendez-vous était pris pour t’interviewer et comprendre qui tu es, ce que tu fais, dans quelle aventure tu t’es lancée, et surtout, ce qui a besoin de changer dans le surf !
Tout d’abord les formalités d’usage, peux tu te présenter ?
Je suis Anne-Maëlle, 36 ans, originaire de Saint-Malo où j’ai fait mes premiers pas en surf il y a plus de 20 ans maintenant. Je vis à Rennes et je suis la fondatrice de Salty Flow, une communauté de surfeuses et surfeurs qui souhaitent progresser en surf, guidés par le plaisir et la liberté! Sous ce nom j’ai développé un podcast pour interviewer des femmes surfeuses de tous horizons, des séjours surf et yoga mixtes ou pour femmes et bientôt des programmes en ligne pour les surfeurs et surfeuses qui comme moi veulent progresser en étant parfois loin de l’océan.
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Quel est ton quiver ?
Dans mon quiver j’ai un longboard noserider jaune 9.0 de Maku que j’adore pour les vagues un peu molles et qui ouvrent, un mid-lenght 6.10 Kanabeach (marque bretonne mythique qui a malheureusement fermé ses portes il y a quelques années) que j’adore pour les vagues un peu plus punchy, et un shortboard 5.6 que j’ai fait shaper à Bali où j’ai habité il y a 10 ans, et que je rêve de re surfer un jour en Bretagne!
Une session mémorable à nous partager ?
J’ai eu la chance de voyager aux Mentawai après un échange universitaire réalisé à Jakarta en 2013. Je me rappelle d’une des sessions sur le spot de Telescopes, j’ai réussi à prendre une vague un peu malgré moi et j’ai été saisie par la pureté de la vague, elle était tellement transparente que je voyais le reef coloré dérouler sous mes pieds, comme si je surplombais un aquarium, c’était magique!
Un trip qui t’a particulièrement plu ?
J’ai habité au Sri Lanka et en Indonésie pendant 1 an et 2 ans ½, ce ne sont pas des trips à proprement parler puisque je vivais sur place, mais je dois dire que j’ai adoré ces expériences.
Aujourd’hui, en terme de voyage, je privilégie au maximum des destinations proches de chez moi et accessibles le plus possible en voiture plutôt qu’en avion.
Je sais que l’imaginaire autour du surf est celui des surf trips à l’autre bout de la planète sur des vagues mythiques, ou ne serait-ce qu’au chaud quand c’est l’hiver ici, mais pour moi, ce n’est plus compatible avec les limites planétaires. Pour surfer, nous avons avant tout besoin d’un océan en bonne santé et il y a une multitude de spots à découvrir rien qu’en France!
Je ne dis pas que je ne repartirais jamais pour un surf trip plus loin, mais je veux que ça reste exceptionnel dans tous les sens du terme.
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Alors racontes nous, qu’est ce qui t’as donné envie de lancer ce podcast Salty Flow ? Quel est son objectif ?
J’écoute beaucoup de podcasts, surtout sur la route pour aller surfer, j’ai donc cherché des podcasts sur le surf, et j’ai constaté qu’il n’y en avait pas beaucoup.
Au fil des épisodes écoutés, je me suis rendue compte que ceux qui m’intéressaient le plus racontaient les trajectoires de femmes surfeuses, sans doute parce que je pouvais m’identifier plus facilement à leurs histoires.
Et puis je me suis aperçue aussi qu’il me manquait des récits de femmes d’horizons différents que les grandes championnes (desquelles je suis admirative mais qui sont sont loin de ma réalité!), qui ne sont pas forcément professionnelles du milieu, et qui pourtant ont mis, comme moi, le surf au centre de leur vie.
En même temps, sur les réseaux sociaux, je suivais des femmes, inconnues du grand public pour beaucoup, dont les engagements pour l’environnement ou leurs communautés m’inspirent. Je voulais en savoir un peu plus sur elles, et sur ce que nous pouvions avoir en commun.
Alors ce que je n’ai pas trouvé, je l’ai créé!
Donc l’objectif de base était surtout de donner la parole à celles qu’on n’a pas l’habitude d’entendre sur un podcast surf, pour permettre à d’autres femmes de s’inspirer de ces histoires et se sentir appartenir à cette grande communauté des surfeuses!
C’est au fil du temps et des échanges que je me suis aperçue que ce podcast pouvait aussi être un moyen de nous sensibiliser sur des sujets comme celui du sexisme ordinaire à l’eau et permettre à tous, surfeuses et surfeurs confondus de s’écouter les uns les autres pour peut être créer des line-ups plus agréables pour tout le monde.
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On entend souvent parler du localisme dans le surf, moins de sexismes ou de violences sexuelles ? Est-ce un phénomène nouveau ou au contraire plus ancien dont on commence enfin à parler ?
C’est un phénomène ancien dont on commence seulement à parler.
L’élément déclencheur (en tous les cas le plus récent), c’est la suspension par la WSL d’Alan Cleland, surfeur mexicain, du CT suite à une accusation d’’agression sexuelle collective sur mineure commis en marge d’une étape du tour à Tahiti en Août 2026.
Par la suite, sur ses réseaux sociaux, son ex compagne Noah Clapp, jeune surfeuse Allemande, décrit avoir subi violences physiques, sexuelles et psychologiques au cours de leur relation. Ce témoignage a été énormément relayé et a donné lieu à de nombreux autres venant de surfeuses racontant avoir subi des comportements inappropriés dans le monde du surf depuis des années.
Il me semble que ce soit pour les violences sexuelles ou le sexisme, le monde du surf est un miroir de la société, depuis le mouvement #metoo la parole des femmes se libère progressivement, et ce qui aurait été tû auparavant ne l’est plus aujourd’hui.
Paradoxalement, j’avais plus le sentiment qu’une fille bénéficiait d’un peu plus de sympathie au line up, quand entre mecs c’est souvent le concours de testostérone..
Dans l’idée de mixité et d’égalité, le comportement des hommes devrait rester le même envers un homme et une femme et inversement. Donc même le fait de bénéficier d’un peu plus de sympathie parce-que-je-suis-une-femme est une forme de sexisme en soi. Puisque derrière cette sympathie se cache peut être l’idée que je suis une concurrente moins “dangereuse” parce que je suis une femme.
Pour ma part, j’ai déjà eu le droit à des réflexions comme: “C’est par là bas pour les débutants” alors qu’on était 2 sur le line-up et que j’ai eu le malheur de faire un wipe-out (qui n’en fait pas?!) sur une vague sur laquelle j’avais la prio, ou “Fais gaffe à ta planche” à 2 reprises par le même mec qui n’aimait pas que je sois en longboard et la seule femme à l’eau un jour de jolies vagues et de montée de testostérone entre mecs (Je connais mes limites et mon niveau, je ne mets pas les autres en danger inutilement). Une autre a été de recevoir des conseils non sollicités de la part d’un homme qui me conseillait de mettre mon pied un peu plus en avant sur ma planche. Même si ce conseil partait d’une bonne intention, les conseils paternalistes sont une forme de sexisme.
Heureusement ce n’est pas systématique et il y a plein de fois où ça se passe bien. Mais une surfeuse au cours de sa vie aura plus de chances de connaître ce type de remarque qu’un homme.
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Dans le premier podcast avec Maëlys Jouault vous évoquer les difficultés à rendre visible le surf féminin : moins de filles à l’eau, moins de compétitrices, moins de visibilité. Comment sortir de ce cercle négatif ?
Oui, dans le podcast, Maëlys qui est surfeuse pro engagée sur les QS évoque la difficulté de trouver des sponsors, parce que dans une logique économique, les entreprises ont moins d’intérêt à sponsorier une femme qu’un homme parce que nous sommes moins nombreuses à surfer. La FFS recense parmi ses licenciés un tiers de femmes contre deux tiers d’hommes, et chez les non licenciés c’est plus difficile à évaluer mais il suffit de regarder la fréquentation de nos spots respectifs, d’autant plus lors de plus grosses conditions ou avec l’arrivée du froid.
Pour comprendre ce phénomène, je suis tombé sur une étude récente portée par la MGEN avec Kantar qui dévoilent des chiffres sur le sport en général assez parlants. 45 % des jeunes filles interrogées déclarent avoir arrêté le sport sous l’effet de contraintes plutôt que par choix libre.
Parmis ces jeunes filles:
- 61% se sentent jugées quand elles font du sport,
- 55% disent ne pas se sentir en sécurité dans leur pratique,
- 42% disent avoir subi des comportements déplacés du type moqueries, harcèlement ou sexisme,
- 49% sont mal à l’aise avec certaines tenues sportives imposées, jugées inconfortables ou sexualisées.
Pour qu’il y ait plus de femmes dans le surf, et dans le sport en général, il faut donc s’attaquer à ces sujets là, et on a du boulot ! Comment leur permettre de se sentir en sécurité? Comment adapter les entraînements pour prendre en compte les règles et autres changements auxquels les jeunes filles sont confrontées? Comment leur permettre de se sentir mieux dans leurs corps et adapter les tenues imposées dans les différents sports?
Dans le surf professionnel, il me semble que c’est de la responsabilité de la FFS de se saisir de ces sujets pour sensibiliser les jeunes hommes et femmes.
Mais c’est aussi aux sponsors de s’intéresser aux femmes pour leurs performances, aux médias d’en finir avec la sexualisation des corps féminins dans ce sport et de mettre en lumière une plus grande diversité de femmes, et enfin à nous de nous informer et de nous éduquer sur ces sujets.
Il y a le livre Du sexisme dans le sport de Béatrice Barbusse qui est très intéressant pour prendre conscience de l’ampleur du problème.
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Le surf a été une des premières disciplines à mettre au même niveau les prizes money pour les hommes et les femmes, est ce que depuis les choses ont bougé ?
Rappelons que cette égalité date de 2018 et a été mise en application par la WSL en 2019, ce qui est relativement tard! Mais oui le surf est un des premiers sports pour lequel cela a été appliqué et c’est une excellente nouvelle pour les femmes sur le tour. Rien ne justifiait cette différence.
D’ailleurs j’ai vu récemment qu’ils ont instauré une nouvelle règle pour les entraînements avant les compétitions sur le tour. Ils ouvrent l’espace d’entraînement aux hommes et aux femmes séparément, puis ensemble, chose qui avait longtemps été demandé par les femmes parce que les hommes prenaient plus de place (et de vagues) sur le spot.
Et pour ce qui est de l’égalité des prizes money, ce n’est malheureusement pas toujours le cas dans des compétitions de plus petit niveau où les hommes continuent à être mieux récompensés que les femmes, on en parle aussi dans l’épisode 1 avec Maëlys.
Finalement, l’entrée du surf aux JO, n’est ce pas un moyen très rapide de mettre hommes et femmes sur un même pied d’égalité : 1 médaille d’or à gagner pour chacun pas de distinction?
En surface oui, mais il serait intéressant de regarder au-délà de l’égalité de la récompense d’autres critères comme la durée et le moment de diffusion des épreuves hommes ou femmes, est ce que les revenus commerciaux post JO sont identiques ou pas? Est ce qu’un homme est sponsorisé à la même hauteur qu’une femme?
Le livre À contre courant de Johanne Defay aborde un peu ces sujets, notamment le fait qu’elle soit restée très longtemps sans sponsor majeur malgré ses excellents résultats…
Il faudrait demander aux sportives de haut niveau comment elles le vivent aujourd’hui, je ne peux que poser les questions mais n’ai pas assez d’éléments pour y répondre aujourd’hui.
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Certaines femmes ont brillamment réussi à performer, y compris en France : Johanne Defay sur le CT, Justine Dupont qui a gagné le Big Wave Award dans la catégorie Ride of the Year, Tya Zebrowski qui pousse fort, Vahiné Fierro qui performe, sans oublier les Pauline Ado ou Marie Pierre Abgrall qui ont ouvert la voie. Doivent-elles prouver plus que les hommes pour bénéficier de la même reconnaissance ?
Je ne sais pas comment chacune d’elle l’a vécu mais j’adorerai leur poser la question sur le podcast !!
En attendant, une étude récente a été publiée dans Sociology of sports Journal, traitant des obstacles à l’égalité dans le surf australien, s’appuyant sur des entretiens avec 20 surfeuses de compétition.
L’étude démontre qu’il existe encore certains cas dans lesquels les femmes doivent constamment prouver leur légitimité au pic.
Les femmes rapportent parfois se sentir intimidées, sous estimées, disposer de moins d’occasions que les hommes pour prendre des vagues, car nous ne sommes pas égaux physiquement, nous n’avons pas la même force (Johanne Defay en parle aussi dans son livre!).
Elles disposent de moins de place que les hommes sur le tour (en 2025 il y avait 18 surfeuses sur le tour contre 36 hommes, c’est passé à 24 contre 36 en 2026, ça avance!), et reste la question du sponsoring dont l’accès est plus difficile pour les femmes.
Donc je crois que le réponse est oui, elles doivent prouver encore plus! Alors que dans les faits ca ne devrait pas être le cas …
https://www.youtube.com/watch?v=bc_LUI6yijY
Comment gérer cette ambivalence de l'image des femmes dans le surf, athlète et en même temps modèles, qui peut sexualiser leur rôle ou en limiter la visibilité ? Ou privilégier une athlète plus jolie que performante ?
Il me semble que la question sous-jacente est: pourquoi la beauté semble-t-elle parfois être un avantage supplémentaire que les femmes doivent mobiliser pour obtenir une visibilité que les hommes obtiennent davantage par leurs performances?
Et une surfeuse devrait-elle avoir à choisir entre être reconnue comme une athlète et être libre de son image?
L’idée serait de ne pas remplacer une injonction par une autre, et ni d’interdire la sexualisation choisie ni de dévaloriser les surfeuses qui utilisent leur image, mais de faire en sorte que la beauté ne soit pas une condition de reconnaissance pour les sportives. Et ça ça passe aussi par un changement de notre regard à nous public: apprendre à regarder une surfeuse comme une sportive à part entière, sans considérer son physique comme le critère de jugement numéro un.
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De la même façon, tu as pris l’exemple de Sidney Sweeney a qui on reproche de dégrader l'image des femmes alors que par le passé, une femme qui montrait son corps pouvait être perçue comme une effigie de l’émancipation ? Où se situe la limite ?
Le limite se situe dans les valeurs que l’on souhaite défendre.
Sydney Sweeney est libre de poser nue pour une marque de paris sportifs (dont elle est actionnaire), mais en faisant ça, elle contribue à associer l’image de la femme objet au sport. C’est ça qui est déploré par les sportives: alors qu’elles se battent pour être reconnues non pas pour leur physique mais pour leurs performances, une autre femme vient mettre cela à mal.
La question à se poser c’est: à quoi voulons nous contribuer?
A nourrir cette image de la femme objet, souvent hypersexualisée, reconnue d’abord pour sa beauté avant ses performances? Ou voulons nous contribuer à ce que chaque femme, quel que soit son physique, puisse se sentir à sa place dans le sport et dans la société en général parce qu’on aura relégué le critère beauté au second plan?
Quel comportement nous recommanderais-tu si on était témoin de propos sexistes ou pire de violences sexistes ?
Face à des propos sexistes, il n’y a pas besoin de faire de grands discours mais peut être simplement interroger les propos de la personne “Tu dirais ça à un (ou d’un) homme?”. Pour faire prendre conscience du caractère sexiste des propos. Parfois, le ton de l’humour est utilisé, ça ne rend pas le propos plus acceptable.
Le souci c’est que c’est tellement ancré et inconscient qu’on peut ne pas s’en rendre compte. Le souligner quand vous le voyez permet de ne pas participer à la banalisation de ces propos.
Ensuite face à une femme victime de sexisme ça peut passer par lui exprimer son soutien. Sans lui apporter une aide qu’elle n’aurait pas demandé, c’est peut être lui dire que vous avez entendu et que ce n’est pas cool, lui monter que vous êtes de son côté.
Pour ce qui est des violences, ou une situation plus grave. C’est beaucoup plus rare sur le line-up mais à en écouter des surfeuses pro parler de ce qu’elles ont vécu dans les maisons de marques ou lors de shootings, il s’agit de repérer si un homme est en train d’abuser de son pouvoir sur une femme, si elle est consentante ou non, évaluer le danger et n’intervenir que si ça ne met personne en danger, faire diversion ou interrompre la situation si cela peut être fait sans risque et appeler du renfort si besoin.
Nous avons une responsabilité en tant que communauté et certaines actions collectives peuvent avoir de l’impact et aider à faire changer les choses: écouter les femmes qui dénoncent un comportement (au lieu de répondre le fameux “not all men” parce que la question n’est pas là), faire remonter les faits dans le cadre d’un cours ou d’un événement par exemple, soutenir publiquement les initiatives qui favorisent un environnement respectueux et inclusif…
Comment faire pour que les femmes se sentent à l’aise au line up, en sécurité et en confiance ?
J’adorerai dire: en les laissant prendre toutes les vagues ahah, mais je pense que la réponse est la même qu’on soit un homme ou une femme.
Comment rendre un line-up un peu plus sympa?
Arriver avec le sourire, dire bonjour, être content d’être là, se détendre un peu et lâcher prise si le line up est blindé, être ok (si ce n’est pas dangereux) de partager une vague et le proposer (On fait une party wave?), être conscient de la place qu’on prend sur le line up (est ce que je prends toutes les vagues et d’autres galèrent et auraient besoin d’un peu plus de place?) respecter les priorités, s’excuser si on a fait une erreur (ça arrive à tout le monde) et prendre tout ça un peu moins au sérieux.
On est là pour le plaisir avant tout n’est ce pas?
Quel est l’accueil de tes podcasts auprès des femmes, des hommes, du grand public et en dehors du surf ?
C’est encore tout nouveau puisque le podcast est sorti en Septembre, donc j’ai encore peu de recul mais pour le moment les retours sont positifs.
Beaucoup de femmes me disent que ça leur fait du bien d’entendre d’autres histoires, d’autres vécus et de se rendre compte qu’on partage souvent le même ressenti notamment sur notre place à l’eau, sur l’engagement que ça nous demande. Elles me remercient aussi de poser la question des peurs, parce qu’on en a tous et toutes, et ça on a tendance à l’oublier.
J’ai eu moins de retours d’hommes pour le moment, ni même de personnes en dehors du monde du surf, mais ça viendra sans doute avec le temps!
Peux tu nous teaser un ou deux podcast pour donner envie aux gars de les écouter ?
Dans le premier épisode, j’interview Maëlys Jouault qui est surfeuse pro sur le QS. Elle nous raconte son enfance et adolescence dans le sport de haut niveau, qui n’a rien à voir avec celle de la plupart d’entre nous, elle nous raconte les défis du surf en compétition, comment elle gère ses défaites et ses peurs. Quand je l’ai interrogée, je me disais qu’avec son niveau elle ne devait pas avoir tant de mal que ça a faire sa place à l’eau en tant que femme… Et ce n’est pas tout à fait ce qu’elle m’a raconté!
Dans le 2ème épisode j’interview Marie Chauché, free surfeuse engagée pour la cause environnementale. Elle nous invite à repenser notre manière de surfer, en même temps qu’elle nous raconte sa vie rythmée par l’océan dans sa famille de surfeurs. D’ailleurs, depuis peu elle s’attaque au surf de grosses vagues à la rame, elle est une grande source d’inspiration pour moi!
J’ai une interview de prévue également avec un sociologue qui a étudié les représentations des femmes dans les magazines de surf, j’ai hâte de pouvoir la faire et la partager!
Quelle serait l’athlète que tu rêverais d’interviewer dans ton podcast ?
J’adorerai interviewer Justine Dupont, parce que j’aimerai beaucoup savoir comment ça a été pour elle d’évoluer dans le milieu des grosses vagues en tant que femme! Justine si tu passes par là… !!
Un mot de conclusion ?
Merci pour ta proposition d’interview et merci de t’intéresser au sujet!
J'aimerais que les hommes ne voient pas ces initiatives comme quelque chose qui les exclut, mais comme une invitation à mieux se comprendre et à faire évoluer ensemble notre culture du surf. Parce qu'au fond, on a tous envie de la même chose : prendre du plaisir à l'eau, dans un environnement où chacun et chacune se sent à sa place!
N’hésitez pas à venir échanger sur ces sujets
Et pour aller plus loin voici quelques ressources:
• A contre Courant de Johanne Defay
• Girl can’t Surf film de 2020
• Du sexisme dans le sport de Béatrice Barbusse
• Episode du podcast Vent Debout: Plus qu’une paire de seins, avec Anne-Flore Marxer et Béatrice Barbusse
• Episode de podcast Vlan! #410 Pourquoi la mixité pourrait sauver le 21ème siècle? Avec Marie Eloy


